Mieux vaut tard que jamais… !

Qui a dit que le football se pratique par passion ou bien depuis toute petite ou encore qu’il est compliqué de débuter ce sport après 30 ans!!!…Les préjugés vont tomber aux oubliettes suite à cet interview d’une femme qui n’avait aucun intérêt personnel pour le football il y a encore un an et désormais elle ne pourrait plus revenir en arrière. Elle nous raconte comment elle en est arrivée là et aussi quelles sont ses attentes envers ce sport.

Un rendez-vous manqué.

Peggy Cahu est une jeune maman de trois footballeurs qui évoluent au sein du club de St Cerbouille et du Thouars Foot 79 dans le nord des Deux-Sèvres. La semaine, elle travaille comme monitrice en maison familiale rurale où elle gère la classe Bac pro Vente, elle est également cogérante au sein des transports Cahu et les week-ends, elle les passe au bord des terrains de football comme tous les parents dont les enfants jouent.

Cette quadragénaire moderne a toujours été sportive mais sans pour autant faire partie d’un club ou d’une association.
A la FAC, c’était la piscine puis ensuite elle s’est adonnée au running en allant même jusqu’à participer au 10kms de Thouars.
Depuis 3 ans, elle danse tous les lundis soirs au cours de zumba du Puy Notre Dame.
Donc autant dire qu’elle n’a pas beaucoup de temps libre pour démarrer une autre activité.

De plus, elle a baigné toute sa jeunesse dans le football. Avec un papa footballeur, un frère arbitre et un oncle président du club local, on peut dire que pour elle la coupe était pleine, « une overdose de football » comme elle le dit.

Alors quand ces trois fils se sont dirigés vers ce sport, elle s’est dit immédiatement que ces week-ends allaient devenir très ennuyeux.

C’est au cours du repas de l’assemblée sportive du club que l’entraineur des féminines lui propose subtilement de venir courir avec le groupe. Elle accepte car elle pense naïvement qu’il ne s’agira que de courir entre filles et l’idée de ne plus faire de running seule l’a séduit.
Lui de son coté connait sa vitesse et il pense pouvoir l’amener à jouer au football et de faire de ses qualités des atouts pour son équipe.

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De l’ombre à la lumière

Après un mois consacré au travail physique et musculaire, le groupe s’apprête à passer aux exercices avec le ballon et Peggy contre toute attente, accepte de jouer le jeu.
Rapidement, elle s’intègre vite dans ce groupe qui vit sa cinquième saison de football féminin à 8 en championnat Poitou. Les premiers matchs arrivent et Peggy décident d’accompagner le groupe dans ces déplacements, l’envie de jouer est là.
Sa vitesse et sa présence aux entrainements ainsi que son envie d’aller au bout des choses font qu’elle va signer une licence pour la première fois de sa vie à 39 ans.

« Les entrainements sont bien et l’ambiance est géniale, j’adore voir les filles jouer mais je préfère être actrice plutôt que spectatrice. » nous déclare Peggy.

Son premier match était un déplacement à Vouneuil dans la Vienne. Pour l’anecdote les rouges et vertes de St Cerbouille ont gagné 4-1 mais au-delà du score, Peggy a joué au poste de milieu droite pendant une trentaine de minutes.
« Ce match ne m’a pas marqué et j’étais un peu perdue mais les filles m’ont encouragé pendant tout mon temps de jeu et ce n’était que du bonheur. »

Huit jours plus tard pour son deuxième match, les filles affrontent le co-leader de la poule et jouent pour la première place. Peggy découvre le stress et la tension d’un match ainsi que la vie d’un collectif à ce moment là.

Là aussi le score resta anecdotique car St Cerbouille surclassera ses adversaires et l’emportera 8-3 mais Peggy, elle, n’oubliera jamais ce match car ce fut l’occasion de marquer son premier but. Une accélération, elle part seule au but et elle gagne son premier face à face avec une gardienne.
« J’ai fait ce que l’on attendait de moi , je suis une attaquante suite au but j’étais très émue. A 39 ans, je me demandais ce que je valais et c’était important pour moi de faire mes preuves vis-à-vis du groupe, ça a été une grande satisfaction »

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En un an tout a changé, elle revient sur son début de saison.

« Pour ma deuxième saison, j’ai changé de poste, je suis devenue n°9 et j’aime jouer en pointe, j’ai 40 ans mais je suis encore rapide et c’est plus facile pour moi de partir dans le dos de la défense mais je dois travailler mes appels »
Si l’an passée, Peggy a marqué 5 buts, cette saison elle en a inscrit 9 en match de préparation et déjà 5 en championnat.
« J’aime jouer avec Ophélie, Nanou ou Lorelia car on se connait et on se trouve facilement sur le terrain. Comme elles sont plus jeunes et qu’elles jouent depuis toutes petites, cela m’oblige à me donner à 100% à chaque fois. En dehors de mon poste de n°9, je ne me vois pas jouer ailleurs que sur les ailes, après j’accepte de jouer là où on me dit, j’ai même été gardienne lors d’un match de préparation mais on a vite vu que je n’étais pas prédestinée à ce poste ».

Ma vision du football féminin.

« Depuis que je joue, je regarde un peu plus les matchs féminins et je vais à chaque rencontre à domicile supporter l’Asj Soyaux, j’apprécie plusieurs joueuses mais aucune en particuliers.
Je trouve que le football féminin évolue dans le bon sens, cela intéresse de plus en plus le monde masculin, il était temps. Les filles se débrouillent de mieux en mieux et c’est normal que ce sport attire de plus en plus les médias ».

Pour son club Peggy rajoute : « En amateur il y a toujours un manque d’intérêt certain. L’an passée nous n’avons perdu aucun match et nous avons gagné le championnat Poitou à 8 et pourtant personne n’est venue nous voir. Une victoire chez les filles n’est pas encore égale à une victoire chez les mecs. Ça c’est triste surtout quand l’équipe se défonce chaque week-end pour son club. Heureusement les mentalités changent petit à petit. »

Mon avenir footballistique.

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« Quand on commence à quarante ans, on n’ a plus de temps à perdre et l’envie d’apprendre et de jouer est là. Je souhaite jouer le plus longtemps possible. C’est vrai que je regrette de ne pas avoir découvert cette passion plus tôt, qui sait ce que j’aurais fait ? »

En tout cas quel changement d’opinion et quel parcours intéressant ! C’est cela aussi le football féminin.
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